Le marché des séjours linguistiques pour jeunes et adultes et ses enjeux :
Le constat au niveau national pour les jeunes :
En France, le plan de rénovation de l’enseignement des langues vivantes étrangères mis en place progressivement depuis la rentrée 2005 fait l’objet du décret n° 2005-1011 du 22 août 2005 pris en application de la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école du 23 avril 2005 rejoint la politique européenne du développement de l’apprentissage des langues vivantes L’adoption du Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL) prévue par le décret précité implique le développement de nouveaux modes d’apprentissage des langues vivantes qui dépassent le schéma traditionnel d’organisation des groupes de langues par niveau de classe.
L’enseignement des langues étrangères, en France, a donc été élevé au rang de priorité nationale. La maîtrise des langues vivantes prépare l’élève aux nouveaux contextes culturels et économiques dans lesquels ils auront à évoluer, notamment dans le cadre de l'Europe.
Environ 128 000 jeunes français de 10 à 18 ans partent chaque année à l’étranger dans des séjours linguistiques extrascolaires sur environ 5,5 millions d’élèves dans le second degré. Ce chiffre atteint 500 000 si on ajoute les voyages scolaires pédagogiques à l’étranger organisés par les écoles.
La durée moyenne des séjours varie aujourd’hui de deux à quatre semaines. Le temps consacré à ces séjours en France se restreint, alors qu’il demeure de 4 semaines et plus pour les autres pays européens.
En 2003, environ 150 opérateurs de séjours avaient une activité régulière en France dans le cadre de la législation. Mais on en recensait 350 en 1998, dont 25% exerçaient hors la loi…
Malgré une grande professionnalisation et des contrôles, il ne faut pas ignorer qu‘en 2007 encore, certains organisateurs ne répondent pas aux obligations légales. Beaucoup agissent sur le territoire Français par l’intermédiaire d’antennes commerciales, de bureaux de liaison, qui permettent d’effectuer des ventes en conservant un siège social dans un pays plus complaisant vis-à-vis des contraintes de sécurité et de qualité de ces métiers.
Le client doit continuer à se montrer extrêmement vigilant et bien vérifier sur les brochures et contrats la mention des obligations légales, telles que définies dans les obligations Unosel.
La Grande- Bretagne reste la destination principale choisie par 40% des jeunes (plus de 4,7 millions d’enfants étudient l’anglais en première langue), viennent ensuite l’Irlande (28%), les USA et le Canada (20%) puis l’Espagne, l’Italie, Malte, l’Australie (9%). L’Allemagne se trouve à 3%, 7,9% des élèves étudient l’allemand en langue vivante 1,13% en langue vivante 2.L’anglais et le français sont reconnus comme les deux langues les plus utiles à connaître en Europe.
La meilleure façon d’apprendre une langue, c’est encore de la pratiquer et découvrir ainsi un autre mode de vie en gagnant en autonomie.
C’est ce qui manque probablement aux jeunes français, dont le niveau d’anglais laisse à désirer par rapport a d’autres pays européens.
Une étude conduite en 2002 par le réseau européen des responsables des politiques d’évaluation dans 7 pays européens, révèle que les performances françaises sont inférieures à celles des ressortissants des 6 autres pays.
A titre d’exemple citons qu’à l’oral, un petit norvégien obtient pour sa compréhension de l’anglais 73,3 et à l’écrit 82,0 alors qu’un petit français obtient 30,6 et 56,8 (Source Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche).
Le rapport Thélot constatant la dégradation du niveau des jeunes français proposait d’apprendre à tous les élèves « un anglais de communication international », cette proposition faite dans le cadre du débat national sur l’avenir de l’école (octobre 2004) proposait que l’enseignement commence dés le CE2 puis au CE1 en 2007, l’élève pouvant choisir sa seconde langue vivante en 5ème et non plus en 4ème.
Enfin, les futurs enseignants passent une épreuve de langue obligatoire au concours d'entrée à l'IUFM depuis juin 2006.
Cette réforme a figuré dans le projet de loi d’orientation sur l’école, présenté le 12 janvier 2005 en conseil des ministres.
Ce projet marque une rupture dans l’histoire de l’éducation nationale par l’importance donnée aux engagements européens en matière d’éducation.
La place donnée, entre autres, à l’apprentissage des langues vivantes est directement en lien avec la construction européenne.
Plus on apprend une langue tôt, meilleur on est… Et les Français, qui commencent tard, ne sont pas bons en langues étrangères.
Pour la première fois dans une étude de l'Education Nationale, en septembre 2005, l'effet bénéfique de l'apprentissage précoce a été mis en évidence.
Longtemps expérimentaux, les cours d'anglais, d'allemand, d'espagnol ou d'italien ont été progressivement généralisés en primaire depuis 2000. Les dernières études critiquaient la faible formation linguistique des enseignants et l'absence de continuité dans le parcours des élèves : ces derniers pouvaient commencer l'allemand en primaire puis faire de l'anglais au collège...
Autre imperfection, les enfants qui débutaient plus tôt que les autres risquaient de stagner en étant souvent mélangés à ceux qui commençaient en sixième.
Dans cette nouvelle étude, Les premiers fruits de la généralisation à toutes les écoles apparaissent, la différence est significative, même chez les élèves les plus difficiles.
Mais les évaluations révèlent également une hétérogénéité des profils.
Environ la moitié des élèves restent au-dessous des aptitudes requises en langues.
En fin de collège, seul un élève sur huit atteint un bon niveau à l'oral et à l'écrit en anglais. A l'opposé, un sur vingt ne maîtrise presque rien.
Le constat au niveau national pour les adultes :
Bien sûr l’apprentissage de la langue se fait durant le cursus scolaire, mais dans une enquête réalisée par L’Union Européenne, 47% des sondés ont reconnu avoir approfondi leurs connaissances en allant dans le pays d’origine : 14 % des personnes réalisant aujourd’hui un séjour linguistique ont plus de 30 ans.
Selon un sondage réalisé sur un échantillon de 300 entreprises en France, les langues les plus demandées sont l’anglais en premier lieu, puis à égalité, l’allemand et l’espagnol (considéré par elles comme la deuxième langue de demain). La langue émergente est le chinois.
Pour 9 entreprises sur 10 c’est en effet l’anglais qui est demandé en première langue, pour 1 sur 2 l’espagnol en deuxième langue devant l’allemand, et pour 1 entreprise sur 2 une troisième langue semble nécessaire.
Le constat est alarmant puisque
- 1 entreprise interrogée sur 2 trouve que le niveau de pratique des langues étrangères est insuffisant pour leur personnel junior comme pour leur personnel senior,
- 1 entreprise sur 2 pense que le fait de ne pas parler une langue étrangère est un frein à la carrière.
C’est pourquoi de très nombreuses entreprises proposent à leurs salariés des stages linguistiques à l’étranger en complément des cours qu’ils peuvent suivre durant l’année. Cet apprentissage vient renforcer les nouveaux modes de fonctionnement du salarié : Il se forme tout au long de sa vie professionnelle, profite de ses vacances pour apprendre en « famille » en alliant culture, sports, et cours de langues…
Le Dif (Droit Individuel à la Formation) accentue ces tendances mais ne rencontre pas encore le succès escompté, et ce n'est pas par désintérêt car, comme le montre un sondage Ifop réalisé en février 2006 auprès de 617 salariés, deux tiers d'entre eux souhaitent bénéficier d'une formation ; un chiffre qui grimpe à 76 % chez les cadres. 66 % sont même prêts à effectuer leur formation en dehors de leur temps de travail.
Mais, du souhait à la réalité, l'écart reste important : 63 % ont effectivement suivi une formation sur l'ensemble de leur parcours professionnel, et seulement un sur deux dans les entreprises de moins de 20 salariés.
En Ile de France, l'anglais est la langue exclusive dans 9% des entreprises. C'est ce que révèle une étude réalisée entre le 9 octobre et le 14 novembre 2005 par l'Observatoire de la formation, de l'emploi et des métiers de la chambre de commerce et d'industrie de Paris (Ofem) auprès de 175 entreprises de plus de 250 salariés (63%) dont l'activité à l'étranger est prépondérante, elle atteste de l'irrésistible montée en puissance de l'anglais. Dans un quart des entreprises, l'anglais est utilisé au même titre que le français pour communiquer. «Courriels, rapports et mémos en anglais prennent de plus en plus d'importance», souligne l'étude. Il s'avère que c'est principalement par e-mail, dans 38% des cas, que transitent ces communications. Mais les échanges téléphoniques sont également concernés, pour 28% des cas, tandis que la documentation et notices techniques concernent 10,2%.
L'étude souligne également que l'anglais est la langue la plus utilisée dans le cadre des échanges internationaux (63%). Viennent ensuite l'allemand (20%) et l'espagnol (9%).
Une autre étude a été menée par Top Management France auprès de 1000 dirigeants de sociétés de moins 500 salariés entre 1987 et 2004 :
L'internationalisation pousse les dirigeants à parler plusieurs langues. En 2004, 11,6 % d'entre eux parlent trois langues étrangères voire plus, au lieu de 4 % en 1987. Plus de 73 % des patrons parlent anglais, mais moins de 20 % maîtrisent l'allemand (19 %) ou l'espagnol (18 %).
Enfin rappelons les résultats d’un sondage réalisé en 2002, sur un échantillon de 835 personnes :
- 2/3 des Français ne parlent aucune langue étrangère couramment.
- 1/3 ne parle aucune langue étrangère.
- Plus de 90% des moins de 25 ans parlent une langue étrangère.
- 1 Français sur 5 parle couramment l’anglais.
- 1 sur 5 souhaite apprendre une langue étrangère.
- L’anglais remporte leur suffrage.
- L’anglais est la langue la plus utilisée au travail,
- 1/3 des Français estime qu’il serait utile d’apprendre une langue étrangère pour leur carrière.
Enfin ils sont 80% à penser que tous les jeunes parleront une langue
Citons encore la plus récente étude, publiée en février 2006, dans laquelle, deux Européens sur trois pensent que l’enseignement des langues devrait être une priorité politique.